De l’usage abusif, erroné et liberticide des mots SECTE et GOUROU en Occident chrétien et laïc
De tout temps, il a été plus aisé de voir la paille dans l’œil de l’autre que la poutre dans le sien.
Au préalable, passons en revue les définitions qui, actuellement, sont déjà disponibles :
Selon le dictionnaire Robert, le mot « secte » désigne un groupe (une section ou une fraction) religieux (à l’intérieur d’une foi), ou une communauté mystique sous l’influence de maîtres ou de gourous (guru). Péjorativement, le mot « secte » désigne également un clan ou une coterie, c’est-à-dire, une réunion (regroupement) de personnes soutenant ensemble leurs intérêts et se coupant (secare), se mettant de côté ou s’isolant par rapport au reste de la société.
Selon le site Wikipédia, le mot « secte » a d’abord désigné soit un ensemble d’hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc. soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l’enseignement officiel d’une Église et qui ont créé leur propre doctrine. Une secte peut aussi désigner une branche d’une religion, une école particulière. En ce sens, ce mot n’a rien de péjoratif.
Cependant ce terme a pris une dimension polémique, et de nos jours, désigne un groupe ou une organisation, fréquemment à connotation religieuse, dont on fait le plus souvent croire à la population que les croyances ou le comportement sont obscurs ou malveillants. Généralement, les responsables de ces groupes sont accusés, d’une part, de brimer les libertés individuelles au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples afin de s’approprier leurs biens et de les maintenir sous contrôle, et d’autre part, d’être une menace pour l’ordre social.
Ce qui apparaît, c’est l’évolution récente de ce mot et surtout sa double signification : d’une part une signification traditionnelle pour désigner une minorité de conviction, d’autre part une seconde signification polémique pour désigner un groupe déclaré, arbitrairement, liberticide. Cette deuxième interprétation s’est nettement imposée au sein de l’opinion publique et à ce jour, il n’existe aucune locution simple et non péjorative dans le langage courant pour désigner un ensemble (minoritaire) d’hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc. C’est un déni au droit à l’existence de tels groupes.
Si le terme « secte » signifie simultanément minorité de conviction et groupe liberticide alors, la conclusion qu’en tire l’opinion publique est, inévitablement, la suivante :
Minorité de conviction = secte = groupe liberticide.
Amalgamer automatiquement toute minorité de conviction à un tel groupe, voilà le résultat bien visible de cette signification double du mot « secte ». Il s’agit là d’un réflexe pavlovien, d’un court-circuit mental qui permet de discréditer, à bon compte, n’importe quelle minorité de conviction, aussi innocente et bienfaisante soit-elle. Cela évite aux antisectes d’apporter la moindre preuve de leurs allégations fantaisistes. La répétition incessante des mots "secte" et "sectaire" leur sert de preuve absolue pour alléguer toutes les contrevérités imaginables, aussi fausses et ridicules soient-elles.
Il est important de préciser que ce texte ne cherche en aucun cas à défendre aveuglément des groupes ou mouvements qui auraient pour objectif de nuire à la société, ni à minimiser les risques réels de certains comportements manipulatoires ou abusifs. L’intention ici est de différencier les groupes qui prônent la liberté de croyance et la diversité spirituelle des groupes réellement malveillants, dont les pratiques pourraient être nuisibles à l’individu ou à la société. L’objectif est de favoriser une discussion éclairée, exempte de préjugés, et non d’apporter un soutien tacite à des actions qui, par définition, enfreindraient les principes de liberté, d’égalité et de respect des droits humains.
Une telle évolution n’est pas due au seul hasard. Elle est le résultat d’une volonté délibérée. C’est au cours d’une réunion tenue au siège de l’ADFI (Association de Défense des Familles et de l’Individu) que le colonel Morin avait proposé de modifier la signification du mot « secte ». Cette stratégie de guerre psychologique menée par des français contre d’autres français s’est avérée d’une redoutable efficacité. Le lobby anti-sectes a remarquablement réussi à embrouiller les esprits, d’abord en France et ensuite, par contagion, dans d’autres pays européens.
En fait, les sectes au sens de minorités de conviction ne sont que très exceptionnellement des sectes au sens de groupes liberticides. Dans leur quasi-totalité les sectes ne sont pas des sectes ! Leur seul point commun est d’être toutes nommées sectes, mais avec des significations différentes.
Actuellement, ces termes sont fréquemment utilisés de manière abusive par les majorités d’opinion politiques, militaires, philosophiques, religieuses, artistiques, industrielles et même scientifiques, pour dénigrer, dévaloriser, stigmatiser, calomnier, harceler, marginaliser, mettre de côté, exclure, isoler, couper (secare) ou priver arbitrairement d’expression (lieux de conférences, Internet, …), d’exercice professionnel (suspension, radiation, licenciement, mise au placard ou sur une voie de garage, refus ou rupture de contrat) ou de la garde parentale (divorce), voire emprisonner, torturer ou assassiner, des individus et des minorités d’opinion dont les intérêts sont contraires aux leurs.
L’utilisation des termes "dérives sectaires" et "groupes sectaires" n’a en rien amélioré cette situation très confuse. Pour apporter la clarté, la seule solution viable sera de ne plus utiliser les mots sectes et sectaires. De plus, d’autres terminologies équivalentes existent.
D’ailleurs, le gouvernement français s’est résigné à ne plus utiliser les mots « secte » et « gourou », car il était incapable de leur donner une définition claire.
La langue française est une langue riche et capable d’exprimer toutes les nuances de la réalité. D’autres solutions sont possibles afin de désigner une secte dans sa signification traditionnelle, par exemple : NMR (Nouveau Mouvement Religieux), minorité religieuse, philosophique, spirituelle, thérapeutique, ou plus généralement minorité de conviction. Et pour clore définitivement le dilemme "secte ou pas secte", il suffira alors à l’Etat d’affirmer, d’une part, le droit à la libre existence de toutes les minorités de conviction respectueuses des lois, et d’autre part, son opposition à toute atteinte à la liberté individuelle, toute tentative de manipulation mentale, toute appropriation de biens d’autrui et toute menace contre l’ordre social.
"Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément."
Nicolas Boileau
Dans différents pays européens, des lobbies industriels, religieux ou philosophiques ont fait pression afin que des commissions parlementaires soient créées dans le but de récolter des informations, d’étudier les comportements des associations et organisations qui sont surveillées par les Renseignements Généraux car suspectées de pouvoir, éventuellement, un jour, être nuisibles aux autres citoyens. Ces commissions parlementaires ont refusé de définir clairement les deux termes « secte » et « gourou », néanmoins, elles ont publié, sans aucune vérification ni enquête ou instruction judiciaire démocratique, une liste de 172 sectes en mentionnant en petits caractères : "supposées".
Dans un contexte où la peur et les préjugés sont souvent utilisés pour stigmatiser l’autre, il est crucial de se rappeler que la véritable voie vers l’unité et le progrès réside dans l’amour, la compréhension mutuelle et le respect des différences. En choisissant d’élever le débat et de chercher des solutions collectives, nous pouvons transcender les divisions et travailler ensemble pour construire une société plus juste et harmonieuse.
Dans cette optique, il est nécessaire, dans une démocratie, de s’interroger sur les raisons profondes qui poussent les gouvernements officiels et officieux à focaliser l’attention de l’opinion publique via les médias sur des faits mineurs, alors que des faits majeurs sont passés sous silence. Il est évident qu’il est plus facile de s’en prendre à des minorités bénéficiant très rarement des soutiens politiques, philosophiques, religieux, artistiques, scientifiques, industriels, tant sur le plan financier que juridique, intellectuel et émotionnel.
Il est plus sage de s’abstenir de juger les groupes en bons et mauvais, et de cultiver une culture d’ouverture et d’écoute, notamment en matière de diversité idéologique, spirituelle et humaine. La guérison de nos blessures, sources de conflits, et l’intégration des différences qui nous rendent intolérants, permettent une cohabitation plus riche et solidaire.
Il est important aussi de rappeler qu’en cas de crainte ou de désaccord, il est préférable de privilégier la voie du dialogue et de la médiation. Loin de nourrir la haine ou la violence, c’est dans l’échange respectueux et la bienveillance que nous pouvons trouver des solutions communes.
Enfin, en ce qui concerne les réelles dérives et abus humains, il reste à encourager nos médecins, magistrats et élus démocratiquement, à exercer leurs fonctions en toute conscience, de la manière la plus libre et la plus juste.
Pour aller plus loin
- Lire les articles sur la santé : "Articles sur la santé"
- Accéder aux activités en Art de la Santé Coopérative® : "Activités en Art de la Santé Coopérative®"